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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Articles avec #revues de presse

ADP : hub de sites marchands

19 Mai 2017, 12:12pm

Publié par L’Echo Touristique 17/05/2017

Le gestionnaire des aéroports parisiens vient de changer la page d'accueil de son site, pour ajouter des services marchands.
Depuis quelques jours, Paris Aéroport invite non seulement à rechercher, mais aussi à réserver en ligne un vol.
Pour ce faire, le gestionnaire des aéroports parisiens a signé avec le spécialiste de la billetterie aérienne MisterFly, à l’image d’AccorHotels. La start-up de Nicolas Brumelot et Carlos Da Silva lui fournit également ses moteurs d’hôtels et de location de voitures, toujours en marque blanche.
Un hub de services marchands
Jusqu’alors davantage tournés vers l’information, le site et l’application de Paris Aéroport permettent de réserver d’autres prestations : conciergerie, places de parking, filmage bagages, location de voiture, pass musée et autres produits touristiques pour visiter Paris, etc.
Avec ses nouvelles fonctionnalités, le gestionnaire de Roissy et d’Orly veut renforcer ses liens avec les voyageurs, par une expérience utilisateur plus complète. Pour l’internaute, Parisaeroport.fr, qui affiche une audience supérieure à un million de visiteurs uniques par mois, se positionne comme un hub de services marchands. Pas sûr que l’initiative plaise aux autres agences en ligne, mais les compagnies aériennes devraient apprécier.
 

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Les aéroports parisiens : un beau fruit mûr mais loin d'être cueilli

19 Mai 2017, 11:58am

Publié par Les echos

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Paris-CDG espère dépasser Londres-Heathrow d’ici 2025

16 Mai 2017, 16:33pm

Publié par Air Info – 14/05/2017

Augustin de Romanet, le PDG du groupe ADP, a prédit que l’aéroport Paris-Charles de Gaulle devrait se rapprocher de Londres-Heathrow en termes de trafic d’ici à 2020 et peut-être le dépasser d’ici à 2025.

 

Avec 65,9 millions de passagers en 2016, Paris-Charles de Gaulle est le deuxième aéroport européen, seulement devancé par Londres-Heathrow (75,7 millions de voyageurs). L’année dernière, la croissance du trafic a été plus forte sur la plateforme londonienne (+1,3%) que sur sa concurrente parisienne (+0,3%). Une situation inverse aux années précédentes, liée notamment aux attentats terroristes qui ont frappé la France. Toutefois, en ce début d’année, Charles de Gaulle a repris l’avantage avec une croissance de 4,3% au premier trimestre, contre 2,2% pour Heathrow. Cette reprise du trafic a d’ailleurs conduit ADP à relever ses prévisions pour l’année entière.

 

Dans ce contexte, « Paris-Charles-de-Gaulle (…) devrait se rapprocher de Londres-Heathrow d’ici à 2020 » , a déclaré Augustin de Romanet dans un entretien avec Les Echos. « Mais il faudra sans doute attendre le prochain CRE (Contrat de régulation économique 2021-2025) pour envisager de le dépasser » .

 

Le dirigeant d’ADP a également fait valoir « un avantage indéniable » dont dispose Charles de Gaulle : « celui d’avoir quatre pistes, contre deux pour Londres, qui peut espérer en avoir une troisième en 2025 » .

 

Le groupe aéroportuaire est engagé dans un plan stratégique dénommé Connect 2020, dont « l’une des trois grandes priorités » est « d’attirer à Paris le trafic long-courrier et en correspondance » , a rappelé Augustin de Romanet. « Notre stratégie dite de ‘Route Development’ , c’est-à-dire de conquête de nouvelles compagnies et d’incitation pour celles déjà présentes à Paris à densifier leurs réseaux, porte ses fruits » , a-t-il estimé en citant le chiffre de 62 nouvelles lignes au départ de Paris ouvertes en 2016.

 

Par ailleurs, le patron des aéroports parisiens est revenu sur l’accroissement du temps d’attente lors des contrôles des passeports aux frontières, qui le préoccupe « au plus haut point » . Celui-ci « résulte de l’augmentation du trafic et du renforcement légitime des contraintes de sécurité » , a-t-il déclaré. Le groupe a identifié quatre leviers pour réduire « autant que possible » ces temps d’attente : le degré d’automatisation du processus ; l’organisation du processus ; la vitesse de consultation des ordinateurs et le nombre de personnes dédiées à ce travail.

 

« En ce qui concerne les deux premiers points, le Groupe ADP a décidé de financer autant de sas Parafe que nécessaire en lieu et place de l’Etat » , a déclaré Augustin de Romanet. Et de poursuivre : « je n’ai mis aucune limite à cet investissement et, cette année, nous installerons 47 nouveaux sas Parafe dans nos terminaux. Lorsque nous serons équipés dans ce domaine, le troisième point pourra être facilement amélioré en étudiant par exemple la possibilité d’un système de pré-checking des ordinateurs avant de passer les aubettes de police. Enfin, le dernier point relatif aux effectifs n’est pas de la compétence du Groupe ADP, mais de celle du ministère de l’Intérieur, qui est conscient, a minima, de la nécessité de ne pas réduire les emplois de la police aux frontières ».

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Trafic des aéroports de Paris : +7,1% en avril

16 Mai 2017, 16:26pm

Publié par Air Journal 16/05/2017

Les aéroports parisiens ont accueilli le mois dernier 8,819 millions de passagers accueillis, dont 5,963 millions à Paris-Charles de Gaulle (+7,8%) et 2,856 millions à Paris-Orly (+5,8%).

En avril 2017, le trafic de Paris Aéroport est en hausse de 7,1% par rapport au même mois l’année dernière, le gestionnaire rappelant que les vacances de Pâques de la région parisienne ont eu lieu du 1er au 17 avril cette année, alors qu’elles avaient eu lieu du 23 avril au 8 mai en 2016. Le trafic France est en légère croissance (+0,6%) ; le trafic Europe (hors France) est en progression (+7,8%). Le trafic international (hors Europe) est en forte progression (+9,3%), du fait d’une croissance sur l’ensemble des faisceaux : Afrique (+12,9%), Amérique du Nord (+11,5%), Moyen-Orient (+10,5%), Asie-Pacifique (+5,1%), Amérique Latine (+4,6%) et DOM-COM (+2,8%).

Le nombre de passagers en correspondance augmente de 3,2% en avril ; le taux de correspondance de Paris Aéroport s’est établi à 21,2%, en retrait de 0,5 point par rapport au mois d’avril 2016. Les mouvements d’avions sont en hausse de 0,9% en avril (+2,1% à CDG, -1,5% à Orly).

Depuis le début de l’année, le trafic de Paris Aéroport est en progression de 5,6% avec un total de 30,80 millions de passagers : 20,86 millions à CDG (+5,3%) et 9,93 millions à Orly (+6,4%). Le nombre de passagers en correspondance est en diminution de 2,2% ; le taux de correspondance s’établit à 23,4%, en diminution de 1,8 point.

Sur les douze derniers mois en trafic glissant, Paris Aéroport a enregistré 98,806 millions de passagers (+11,4%), dont 66,97 millions à CDG (+1,4%) et 31,83 Millions à Orly (+5,8%).

Le trafic de TAV Airports, dont le Groupe ADP détient 38% du capital, est en hausse de 10,0% sur le mois d’avril 2017 et en hausse de 0,7% (hors Milas-Bodrum) depuis le début de l’année. Le trafic de l’aéroport de Santiago du Chili, dont le Groupe ADP détient 45% du capital, est en hausse de 13,0% sur le mois d’avril 2017 et de 10,5% depuis le début de l’année.

 

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ADP au capital d'Egidium

16 Mai 2017, 07:51am

Publié par La CGT d’ADP

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Augustin de Romanet : « Nous sommes très attachés aux actionnaires individuels »

15 Mai 2017, 19:23pm

Publié par Les Echos – 12/05/2017

 

Pensez-vous que la levée de l’état d’urgence en France accélérerait le retour des touristes aisés et notamment asiatiques dans vos aéroports parisiens ? Quel en serait l’impact sur les dépenses dans les boutiques côté pistes ?

 

D’ores et déjà, et cela depuis la fin 2016, nous observons un retour des touristes internationaux dans nos aéroports. Le trafic de Paris Aéroport [passagers accueillis à Paris-Charles-de-Gaulle et à Paris-Orly] a progressé de 5 % sur le premier trimestre, grâce au dynamisme du trafic en Europe, principalement porté par les low-cost (+ 17,9 %) et aussi grâce à la reprise, mois après mois, du trafic à l’international, en particulier avec l’Asie en hausse de 6,2 %. Plusieurs pays à forte contribution ont retrouvé une croissance du trafic : 13,6 % pour la Corée du Sud, 13,1 % pour le Japon, 6,9 % pour la Chine et 4,6 % pour Hongkong. Ces bonnes tendances se sont confirmées au mois d’avril. A l’issue du premier trimestre, le chiffre d’affaires par passager dans les boutiques côté pistes a légèrement progressé pour s’élever à 18,40 €, grâce aux bonnes performances des produits de luxe, en partie compensées par la baisse des ventes de tabac à la suite de la mise en place du paquet neutre.

 

Vous avez fait d’énormes efforts pour améliorer l’accueil et la qualité des services offerts aux passagers. Comment réduire le temps de passage à la police aux frontières ?

L’accroissement du temps d’attente lors des contrôles des passeports aux frontières me préoccupe au plus haut point. Il résulte de l’augmentation du trafic et du renforcement légitime des contraintes de sécurité. Afin de réduire autant que possible ces temps d’attente, nous avons identifié quatre leviers : le degré d’automatisation du processus ; l’organisation du processus ; la vitesse de consultation des ordinateurs et le nombre de personnes dédiées à ce travail. En ce qui concerne les deux premiers points, le Groupe ADP a décidé de financer autant de sas Parafe que nécessaire en lieu et place de l’Etat. Je n’ai mis aucune limite à cet investissement et, cette année, nous installerons 47 nouveaux sas Parafe dans nos terminaux. Lorsque nous serons équipés dans ce domaine, le troisième point pourra être facilement amélioré en étudiant par exemple la possibilité d’un système de pré-checking des ordinateurs avant de passer les aubettes de police. Enfin, le dernier point relatif aux effectifs n’est pas de la compétence du Groupe ADP, mais de celle du ministère de l’Intérieur, qui est conscient, a minima, de la nécessité de ne pas réduire les emplois de la police aux frontières.

 

La révision à la hausse de votre hypothèse de croissance du trafic annuel ne vous permet-elle pas d’en faire autant pour l’excédent brut d’exploitation ?

Nous disons ce que nous faisons et nous faisons ce que nous disons. Il est important de ne pas surpromettre ! Nous préférons donc être prudents quant à la transformation de la croissance du trafic, plus élevée qu’initialement prévue en ce début d’année, en Ebitda, dont l’orientation est confirmée à la hausse en 2017. Nous ne maîtrisons pas la problématique du tabac et du paquet neutre. Son impact pourrait être significatif, sur la clientèle étrangère en particulier.

 

Constatez-vous déjà des retombées favorables de votre nouveau siège social implanté sur la zone aéroportuaire de CDG ?

Ce nouveau siège social permet de resserrer les liens avec nos clients compagnies aériennes, nos différents partenaires, les équipes opérationnelles, et donc de mieux appréhender les besoins des passagers. C’est aussi un lieu très convivial pour nos salariés qui l’apprécient beaucoup, tant les aménagements ont été étudiés avec soin.

 

Pouvez-vous faire le point sur vos investissements à Paris ?

Tous les grands chantiers d’infrastructures du plan stratégique Connect 2020, qui prévoit au total 4,6 milliards d’euros d’investissements sur 2016-2020, avancent conformément à notre feuille de route. A Paris-Charles-de-Gaulle, les projets de fusion des satellites internationaux du terminal 1 portant sur la création de 26.000 m2 supplémentaires, et de jonction des terminaux 2B et 2D, pour 35.000 m2 additionnels, ont été lancés. A Paris-Orly, la jetée internationale du terminal Sud, une salle d’embarquement de 12.000 m2 représentant un investissement de 90 millions d’euros est opérationnelle depuis avril 2016, et nous venons d’ouvrir le nouveau pavillon d’honneur de l’aéroport. Nous allons également mettre en service une passerelle piétonne reliant le terminal Sud au futur quartier de Cœur d’Orly. Par ailleurs, les travaux de construction de la jonction reliant les terminaux Sud et Ouest se poursuivent et la première tranche du nouveau bâtiment de 80.000 m2 devrait être mise en service fin 2018.

 

Et vos développements de croissance externe à l’international ?

L’événement majeur concernant la stratégie internationale est peu visible : c’est la constitution d’une équipe de collaborateurs de très haut niveau dédiée à ce sujet primordial. En matière de développement à l’international, il ne s’agit pas de grossir pour grossir et nous devons apporter un soin extrême à l’étude des opportunités, en particulier pour des prises de participation dans le capital d’aéroports étrangers. Avec cette équipe, nous sommes en mesure de nous porter candidat à des appels d’offres très complexes, tout en sachant en apprécier les risques. En ce qui concerne les dossiers que nous étudions actuellement, vous m’autoriserez à ne pas les dévoiler. Gardez à l’esprit que le Groupe ADP est un des leaders mondiaux puisqu’il exploite, directement ou indirectement, via entre autres TAV Airports, 23 aéroports dans le monde et a accueilli 240 millions de passagers en 2016.

 

Dans le domaine des activités régulées, l’objectif financier central est de faire converger la rentabilité des capitaux engagés (ROCE) avec le coût moyen pondéré du capital de l’ordre de 5,4 %. Pourrez-vous l’atteindre à l’horizon 2020, comme prévu ?

Rien ne nous contraint à revoir cet objectif. Il reste plus que jamais d’actualité.

 

Pensez-vous que CDG puisse dépasser l’aéroport de Londres d’ici la fin du contrat de régulation en cours (CRE)?

Une des trois grandes priorités du plan Connect 2020 est d’attirer à Paris le trafic long-courrier et en correspondance. Notre stratégie dite de «?Route Development?», c’est-à-dire de conquête de nouvelles compagnies et d’incitation pour celles déjà présentes à Paris à densifier leurs réseaux, porte ses fruits : 62 nouvelles lignes au départ de Paris ont été ainsi ouvertes en 2016. En termes de trafic, Paris-Charles-de-Gaulle, qui a accueilli 65,9 millions de passagers en 2016, devrait se rapprocher de Londres-Heathrow [75,7 millions de passagers en 2016] d’ici à 2020. Mais il faudra sans doute attendre le prochain CRE (2021-2025) pour envisager de le dépasser. Paris-Charles-de-Gaulle est déjà le premier aéroport d’Europe continentale grâce à un avantage indéniable : celui d’avoir quatre pistes, contre deux pour Londres, qui peut espérer en avoir une troisième en 2025.

 

Etes vous attaché au développement de l’actionnariat individuel ?

Oui, nous y sommes très attachés. Nous avons environ 300.000 actionnaires individuels et nous en sommes très fiers. Mais ceux-ci ne détiennent que 2,8 % du capital, ce qui reste insuffisant. Nous devons les fidéliser. Une équipe leur est dédiée et les initiatives, pour renforcer ce lien, vont s’accentuer. Nous devons aussi sans cesse leur expliquer ce qu’est notre valeur. La société est favorablement exposée à la croissance mondiale avec une perspective de doublement du trafic aérien mondial dans les vingt années à venir et nous nous sommes engagés à distribuer 60 % de notre résultat net sous forme de dividendes. En 2017, le dividende sera à un niveau au moins équivalent à celui versé au titre de 2016 : 2,64 € par action. Le titre Aéroports de Paris allie croissance et rendement. Il peut y avoir des à-coups, mais sur le moyen et le long terme nos actionnaires peuvent être confiants.

 

Grâce à votre action énergique le projet CDG Express est en bonne voie. Pensez-vous qu’il pourra être mis en service pour 2024, notamment si la candidature de Paris était retenue pour les Jeux olympiques.

Il est vrai que depuis 2012 je me suis quotidiennement impliqué dans la relance de ce projet structurant pour l’attractivité de l’aéroport et pour l’image de Paris. Le trafic ne cesse de progresser et un pays moderne doit être en mesure de relier sa capitale et son aéroport dans de bonnes conditions. Le CDG Express a franchi des étapes décisives en 2016 avec notamment l’approbation par l’Etat du cadre législatif dans lequel la société gestionnaire de l’infrastructure, détenue à parts égales par un consortium formé par le Groupe ADP, SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, va assurer sa mission. Les travaux devraient démarrer en 2018 et je suis très exigeant sur le respect du calendrier. Cette infrastructure devrait être ouverte à la fin de 2023.

 

LA QUESTION QUI DÉRANGE

 

Pensez-vous que votre groupe puisse être privatisé ? Quels sont vos rapports avec Vinci ?

La décision appartient à l’Etat actionnaire. La loi prévoit que l’Etat doit détenir plus de la majorité du capital. Avant toute initiative de privatisation, il serait donc nécessaire de changer la loi. Mes rapports avec le président de Vinci sont excellents. Au sein du conseil d’administration du Groupe ADP, Xavier Huillard apporte une expertise précieuse. Par ailleurs, son groupe étant de plus en plus présent dans l’aéroportuaire, il est très scrupuleux s’agissant de la prévention des conflits d’intérêts et nous n’avons pas eu de divergences sur la détermination des sujets qui pouvaient s’y prêter.

 

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Macron met sur les rails une loi El Khomri taille XXL pour l’été

15 Mai 2017, 19:10pm

Publié par La CGT d’ADP

Emmanuel Macron sait bien qu’il n’a pas encore gagné la partie. La secrétaire d’État qui le soutient, Juliette Méadel, a beau estimer que les 66,1 % des voix qu’il a recueillies dimanche sont «un blanc-seing» pour «aller au bout de sa réforme du droit social et du Code du travail», son projet n’a pas obtenu l’adhésion des Français, en particulier du côté de cette majorité qui s’est opposée à la loi El Khomri au printemps 2016. Celui qui rentrera à l’Élysée à la fin de la semaine espère donc jouer de l’effet de surprise en passant par des ordonnances au cœur de l’été.

 

1. L’éclatement généralisé du Code du travail

C’est le cœur de la réforme voulue par le nouveau président de la République élu dimanche: «Donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche.» En clair, Emmanuel Macron veut pousser au bout la logique qui a guidé la loi travail, qui est celle de généraliser la dérogation à la loi et aux normes nationales, jusqu’à inverser complètement la «hiérarchie des normes» sociales, au détriment du «principe de faveur» qui voulait que des accords conclus à un niveau inférieur ne pouvaient qu’améliorer les protections accordées au niveau supérieur. «La possibilité de détruire un avantage social n’est pas une invention de la loi travail, rappelle à ce sujet Emmanuel Dockès, professeur à l’université Paris Ouest-Nanterre. Mais celle-ci l’a systématisée et généralisée» dans le domaine du temps de travail. Emmanuel Macron propose de l’étendre à toute l’organisation du travail. C’est ainsi que «les horaires effectifs», qu’Emmanuel Macron distingue de la durée légale du travail, mais aussi «les conditions de travail et les salaires» seront «négociés au plus près du terrain», de préférence au niveau de l’entreprise ou, «à défaut», de la branche. De quoi donner corps à la crainte exprimée par la CGT d’un Code du travail par entreprise. «L’idée d’une règle commune n’a pas les faveurs d’Emmanuel Macron, constate Emmanuel Dockès. Il y a effectivement un risque de disparition progressive de la règle commune.»

Le nouveau président de la République entend mener cette réforme au nom de l’emploi, en visant l’objectif d’un taux de chômage «ramené à 7 % en 2022». Pour Emmanuel Dockès, la «croyance» en un lien entre le chômage et le niveau de protection des salariés relève pourtant de l’«idéologie». «L’idée selon laquelle l’accroissement de la flexibilité, c’est-à-dire l’accroissement du pouvoir des employeurs, est la source d’une meilleure compétitivité et de création d’emploi est très ancienne. Elle n’a été démontrée à aucun moment, explique le chercheur. Au contraire, des études de l’OCDE démontrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le taux de chômage et le taux de protection.» Le professeur de droit du travail y voit un «vice de raisonnement, qui consiste à faire confiance aux grands entrepreneurs pour dire ce qui est bon pour l’emploi. Mais ce qui est bon pour le grand patronat n’est pas forcément bon pour la société entière».

 

2. Les chômeurs sanctionnés pour les rendre flexibles

Non content de promettre la nationalisation de l’assurance-chômage pour mieux la transformer en «assurance universelle», Emmanuel Macron envisage de se lancer dans la chasse aux demandeurs d’emploi. Dans le pacte qu’il propose, si une personne refuse deux emplois dits décents ou ne peut justifier d’une «intensité» de recherche d’emploi suffisante, le versement des allocations sera bloqué. En parallèle de ce durcissement des règles, le nouveau président met en avant l’élargissement de l’assurance-chômage aux professions libérales et aux démissionnaires. Il évoque aussi l’orientation des chômeurs vers des formations «vraiment qualifiantes», laissant présager une prise en compte des desiderata patronaux avant les besoins des précaires.

En réalité, l’ex-ministre de l’Économie se contente de recycler de vieilles recettes, suivant la voie d’un Nicolas Sarkozy qui avait instauré la loi sur l’offre raisonnable d’emploi (ORE) en 2008. Au-delà de deux postes non acceptés, le chômeur est bouté hors des listes de Pôle emploi pour deux mois. Dans les faits, ce dispositif, censé faire chuter artificiellement les statistiques, s’est révélé très peu applicable, l’ex-locataire de l’Élysée ayant sabré des milliers de postes dans les effectifs de l’ex-ANPE. Le scénario est un peu différent avec François Hollande. Accentuant la stigmatisation et le flicage, le président de la République sortant s’était montré favorable à la création d’une brigade de 200 conseillers Pôle emploi dédiés au contrôle renforcé des chômeurs. Un dispositif de harcèlement qui n’a pas contribué à abaisser les chiffres du chômage. Pour remettre au travail les 5,5 millions de chômeurs et précaires (dont 3,5 millions sans aucune activité), Emmanuel Macron s’entête dans la même logique répressive et inefficace que ses prédécesseurs. Sans mentionner le problème numéro un: l’absence d’offres d’emploi suffisantes par rapport à la demande. Hier, seules 713 999 annonces de travail étaient disponibles sur le site Web de Pôle emploi.

 

3. Licencier sans justification en muselant les prud’hommes

Emmanuel Macron revient à la charge sur le plafonnement des indemnités prud’homales. Cela veut dire qu’il veut sécuriser financièrement les entreprises qui licencient «sans cause réelle, ni sérieuse». «C’est une véritable escroquerie intellectuelle, dénonce le professeur de droit Emmanuel Dockès. Les patrons réclamaient le droit de pouvoir licencier sans qu’on leur demande des comptes. Plutôt que d’accéder directement à cette requête, qui serait franchement choquante, Emmanuel Macron s’attaque à la sanction. Une forme de clin d’œil au patronat puisqu’on leur dit: si vous ne justifiez pas les licenciements, ne vous inquiétez pas, ce sera seulement un peu plus cher.»

Aujourd’hui, un licenciement justifié par une raison jugée sérieuse coûte très peu cher à l’entreprise. En revanche, lorsqu’il est dit «sans cause réelle, ni sérieuse», donc basé sur un prétexte ou sur la simple justification d’augmenter les profits, l’employeur s’expose à un recours en justice, qui fixe le montant des indemnités à verser au salarié selon l’appréciation du préjudice subi. Les plafonds envisagés par Emmanuel Macron s’annoncent dans certains cas tellement bas qu’ils risquent de ne même pas couvrir les frais de justice de l’employé licencié sans raison. «Les sommes maximales prévues pour indemniser les salariés sont le plus souvent inférieures aux sommes accordées lors des plans de départs volontaires, renchérit Emmanuel Dockès. Comme on mesure une obligation à sa sanction, on peut en conclure que, dans la pratique, l’obligation de justifier un licenciement risque de disparaître.» Les patrons n’auront qu’à «provisionner» à l’avance leur plan de licenciement non justifié.

C’est la troisième fois qu’Emmanuel Macron veut faire passer cette mesure. La première, dans la loi Macron, avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. La deuxième fois, le plafonnement des indemnités s’est glissé dans la loi El Khomri. Avant d’être supprimé pour tenter de calmer la contestation. Pour espérer passer le barrage du Conseil constitutionnel, Myriam El Khomri avait modifié le critère du barème pour prendre en compte principalement l’âge et l’ancienneté du salarié licencié sans raison. Emmanuel Macron devrait reprendre la même tactique.

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