Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Industrie : L’Etat débloque 20 Milliards pour renflouer une vingtaine d’entreprises

20 Avril 2020, 13:25pm

Publié par Humanite.fr – 14 Avril 2020

Un compte d’affectation spécial a été provisionné pour monter au capital de certaines entreprises industrielles en grande difficulté, au premier rang desquelles Air France-KLM.

 

La liste confidentielle a été transmise à l’Élysée par Bruno Le Maire. Y figure les noms d’une vingtaine d’ « entreprises industrielles qui devront être soutenues par l’État », précisait, il y a quelques jours, le ministre de l’Économie. Doté – pour l’heure – de 20 milliards d’euros, un compte d’affectation spécial de l’État a été mis en place, afin de « pouvoir soutenir en capital toutes les entreprises qui pourraient en avoir besoin, publiques ou privées », détaille Bruno Le Maire.

 

Aux côtés des constructeurs automobiles Renault et PSA, Air France-KLM devrait en toute logique figurer en bonne place sur cette liste. Détenteur de 14,3 % des parts de la compagnie aérienne, l’État français projetterait, selon certaines estimations, de verser 4 milliards d’euros pour renflouer la trésorerie du groupe.

 

Bercy n’exclut plus la nationalisation

 

Avec plus de 95 % de ses appareils cloués au sol et des secteurs entiers où le chômage partiel concerne 100 % des effectifs, Air France se prépare à affronter une crise de long terme. « La question du redémarrage de nos activités est tout à fait liée au type de déconfinement pour lequel les autorités vont opter, et pas seulement en France », explique Karine Monségu, cosecrétaire CGT Air France. « Si l’Espagne ferme ses frontières durablement, si les États-Unis prennent des mesures drastiques et si, en France, le déconfinement est régional, nous ne pourrons pas voler », poursuit la syndicaliste, qui rappelle que « la reprise de l’activité conditionne le maintien des 45 000 emplois de la compagnie ». Bruno Le Maire l’a déjà indiqué, la nationalisation serait « le dernier recours ». Mais désormais, Bercy ne l’exclut plus. Quoi qu’il en soit, la CGT alerte sur les risques de contreparties sociales lourdes (PSE, préemption des jours de RTT, de congés payés…). Le conseil d’administration du groupe, prévu le 5 mai, devrait préciser les choses, mais « les perspectives sont clairement mouvantes », poursuit Karine Monségu. Un retour à une activité normale pourrait prendre entre trois et dix ans et, dans l’intervalle, la CGT craint que la direction n’en profite pour « tailler dans la masse salariale en mettant ça sur le dos de la pandémie ». L’orientation donnée par le secrétaire d’État aux Transports est d’ailleurs loin d’être rassurante. « Je crois qu’il doit être donné à la direction en place (…) toutes les armes (pour) mener la stratégie de reconquête », a ainsi déclaré, lors de son audition au Sénat, Jean-Baptiste Djebbari. La CGT, qui plaide pour une nationalisation de la compagnie, dénonce des discussions en catimini. « Nous sommes tenus à l’écart, note Karine Monségu. En interne, les institutions représentatives du personnel (IRP) dysfonctionnent totalement et ce, alors même que les salariés, qui continuent chaque jour d’assurer les quelques liaisons maintenues et les vols cargos, ne sont pas tous protégés. »

 

Commenter cet article