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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Vinci engrange 44 milllions d'€ de dividendes en 3 ans pour 3 aéroports !

31 Octobre 2019, 08:59am

Publié par La CGT d’ADP

Exploitant les aéroports de Lyon, Clermont-Ferrand, Grenoble et Chambéry, Vinci Airports a siphonné la bagatelle de 44 millions de dividendes en trois ans, comme l'a découvert Mediacités. Et ce, alors que ces infrastructures restent biberonnées à l'argent public.

Il y a de quoi faire sursauter les contribuables isérois. Pour maintenir l’activité de l’aéroport de Grenoble, le département verse 1,8 million d’euros par an à son exploitant Vinci Airports. Or, en 2016 et 2017, cette filiale du géant français (BTP, autoroutes, etc.) a empoché 2,4 millions d’euros de dividendes… en vidant la trésorerie de l’aéroport ! Au 31 décembre 2017, celle-ci affichait un solde de 203,55 euros. Depuis, la société n’a pas déposé ses comptes, alors qu’elle est dans l’obligation de le faire. Ils seraient en cours de certification, se défend-elle.

Mediacités s’est plongé dans les documents financiers des structures auvergnates et rhônalpines de Vinci Airports. Et nous sommes allés de surprise en surprise… De Grenoble à Clermont-Ferrand, en passant par Chambéry et Lyon, l’exploitant procède de la même manière pour les quatre aéroports de la région qu’il exploite : depuis 2016, année de sa prise de contrôle de Lyon-Saint-Exupéry, Vinci récupère des dividendes deux à trois fois supérieurs au montant des bénéfices réalisés, en piochant dans les trésoreries.

Ce n’est pas tout. Pour rentabiliser au maximum, Vinci Airports use d’autres méthodes : réduction de charges d’un côté – notamment de personnel – et augmentation des recettes de l’autre, sur les parkings ou sur les loyers payés par les aéroclubs.

Résultat ? Pour l’ensemble des quatre aéroports, depuis 2016, l’exploitant a versé 44 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires privés. Un mécanisme éprouvé par les sociétés privées qui gèrent un service public : « Ces entreprises ont des contrôleurs de gestion dont le job est de faire passer le plus de résultat vers la maison-mère. Avec eux, l’imagination est au pouvoir ! », ironise un contrôleur de gestion publique, rompu à l’exercice de la délégation de service public dans les collectivités locales. Sauf que ces fameux résultats reposent en partie sur de l’argent public… Subventions directes par les collectivités locales, réduction de la taxe foncière ou crédit d’impôt compétitivité emploi...

https://www.alternatives-economiques.fr/aeroports-dauvergne-rhone-alpes-vinci-senrichit-contribuabl/00090744

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