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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Communiqué des conseils départementaux de la RP et de la Région

14 Mars 2018, 11:34am

Publié par La CGT d’ADP

Communiqué des conseils départementaux de la RP et de la Région
Communiqué des conseils départementaux de la RP et de la Région

Pour éviter la privatisation d’ADP, des départements prêts à mettre 8 milliards d’euros
La Gazette des communes 12/03/2018


L'Etat possède 50,6% du groupe ADP, autrefois nommé Aéroports de Paris mais probablement plus longtemps. Alors que le gouvernement envisage sa privatisation, les Départements franciliens et la Région se disent prêts à racheter ses parts, estimées à 8 milliards d'euros
Ils n’ont jamais rêvé d’être pilotes dans l’avion. Mais plutôt que de voir l’État céder des pépites nationales, tous les départements d’Ile-de-France avec la région-capitale sont prêts à prendre place dans le cockpit. Parlant d’une même voix, les huit présidents demandent ainsi à “être partie prenante de tout processus pouvant conduire au désengagement de l’État”. Ce dernier a en effet annoncé la création d’un fonds de 10 Md€ constitué des recettes tirées de privatisations pour financer l’innovation.
En clair : les collectivités franciliennes sont candidates au rachat des 50,6 % de parts détenues par l’État, afin d’éviter qu’ex-Aéroports de Paris ne tombe dans l’escarcelle du privé, et donc, probablement, de Vinci (actionnaire à hauteur de 8 %). Ce dernier, donné grand favori, pilote déjà 35 aéroports en France et à l’étranger.
Une telle mobilisation des départements, au-delà des clivages politiques, s’explique par la volonté de « conserver durablement une dimension publique importante au contrôle de ces infrastructures essentielles pour le développement du Grand Paris » explique un communiqué commun.
Les incohérences de l’Etat
Plusieurs points du dossier sont difficiles à avaler pour les collectivités territoriales. A commencer par le fait que l’État agisse « sans concertation » mais surtout qu’il prive le Grand Paris « d’une rente aéroportuaire importante et dynamique ».
« C’est une totale incohérence et une contradiction de la part de l’État », commente ainsi Yves Cabana, directeur général des services (DGS) au conseil départemental des Yvelines. « On ne peut pas vouloir développer le Grand Paris et balancer au privé un outil unique et essentiel pour l’attractivité de l’Ile-de-France et du pays tout entier. Ou alors l’État n’a pas l’intention de faire du Grand Paris une métropole puissante ? »  feint-il de s’interroger.
Un avis partagé par Patrick Devedjan, président du conseil départemental (LR) des Hauts-de-Seine « Il n’est pas question de recommencer l’affaire des autoroutes, transférer des entreprises publiques profitables alors qu’elles jouent un rôle important dans l’organisation de la Métropole », s’insurge-t-il. « Le groupe ADP est le chaînon incontournable de la politique des transports et doit donc rester sous contrôle public et collectivités locales », insiste-t-il.
La même inquiétude est exprimée par Stéphane Troussel (PS), président de la Seine-Saint-Denis : « Privatiser ADP c’est vendre le patrimoine national et se priver de recettes non négligeables, à l’heure où l’État en a cruellement besoin (…) Sans parler des nombreux projets de transports inscrits au Contrat de plan État-Région, mis à l’arrêt parce que l’Etat n’est vraisemblablement pas en capacité de tenir ses engagements. Les aéroports sont la porte d’entrée sur la France et ont une importance stratégique qui ne peut uniquement dépendre de stratégies comptables » souligne le politique.
Les départements se disent capables de mettre 8 milliards d’euros sur la table
Mais alors que les collectivités affirment être étranglées par des budgets contraints, racheter les parts d’ADP, estimées à 8 milliards d’euros, n’est-il pas un trop gros investissement ? « Les 7 départements et la Région sont capables d’organiser un tour de table financier pour jouer leur rôle dans la gouvernance de cet équipement fondamental de l’organisation métropolitaine », assure le patron des Hauts-de-Seine.
« Aucun de nous n’a les moyens tout seul, mais à 8 on est capable de réunir le financement qu’il faut », complète le DGS des Yvelines, d’autant que chaque collectivité devrait participer à hauteur de ses possibilités. Imaginant que l’État ne cédera pas la totalité de ses parts, il évoque plusieurs solutions permettant de boucler le budget : « associer des capitaux privés contrôlés par la puissance publique », voire « financer cet achat par la dette. »
Une façon donc de ne pas vendre un joyau de la couronne pour simplement « combler la dette de l’Etat » conclut le porte-voix des Yvelines.

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