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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Transport aérien : quel avenir après 100 ans de croissance ?

23 Juin 2017, 07:46am

Publié par capital 20/06

Développement du trafic aérien et croissance économique sont intimement liés. Explications et projections.

 

 

C’est un peu l’œuf ou la poule : les évolutions du PIB mondial et du trafic aérien sont parfaitement corrélées. Mais une augmentation du trafic est-elle le signe d’une économie en bonne santé ou ce trafic contribue-t-il lui-même au développement des économies ? Évidemment, la réponse est à nuancer. Si de bonnes performances influencent l’économie réelle mondiale, l’inverse est également vrai. Le secteur aéronautique représente aujourd’hui 3,5% du PIB mondial, 62,7 millions d’emplois directs et indirects. Selon les derniers chiffres de l’Atag (Air Transport Action Group, association regroupant les principaux acteurs du secteur), l’aérien contribue à hauteur de 664.000 milliards de dollars au PIB mondial annuel. Et il devrait atteindre 1 milliard de milliards en 2026.

 

Selon les experts, le secteur du transport aérien civil profite avant tout du dynamisme économique et démographique des pays en voie de développement, où les classes moyennes sont de plus en plus nombreuses. Elles représenteront 62% de la population mondiale en 2032 contre 32% en 2013 (estimations Airbus). De fait, la proportion des habitants susceptibles d’utiliser ce type de transport deviendra de plus en plus importante

 

Plus la croissance est élevée, plus le trafic aérien augmente.

 

Par ailleurs, les économistes soulignent qu’un point de croissance du PIB mondial représente 1,5 point de hausse du trafic aérien. Chez Air France, on évalue même que celui-ci croît deux fois plus vite que le PIB. Le géant Boeing estime, de son côté, que 60 à 80% du transport aérien dépend de la croissance économique et du commerce mondial. Et ce n’est pas fini : d’ici 2035, le FMI souligne que le PIB mondial connaîtra une croissance annuelle moyenne avoisinant les 3%.

 

De quoi tabler, pour les industriels, sur une croissance du trafic aérien de 4,5 à 6% par an. Cette progression devrait même être trois fois plus rapide dans les pays émergents. Autre facteur favorable : l’augmentation de la population urbaine, qui devrait atteindre les 5 milliards de personnes en 2030. Car d’après les spécialistes, rien ne convient mieux au développement du transport aérien qu’une mégapole dotée d’un grand hub aéroportuaire. Or, selon Airbus, le nombre de mégapoles capables de générer un trafic de plus de 10.000 passagers long-courriers par jour – soit l’équivalent d’une vingtaine d’A380 – passera de 42 aujourd’hui à plus de 90 à l’horizon 2030.

Des nuages à l'horizon

 

Mais le développement du trafic aérien reste soumis à plusieurs conditions. Il faut tout d’abord que l’insécurité et les risques croissants d’attentats dans diverses régions du monde ne ralentissent pas davantage le secteur du tourisme. Et, surtout, que les prix des billets restent abordables. Celui du pétrole, devenu le premier poste de coûts des compagnies aériennes internationales, avant les salaires, est donc surveillé de près par les constructeurs comme par les compagnies. Car, de tous les modes de transport, l’avion demeure le seul pour lequel on n’a pas encore trouvé d’alternative complète au pétrole.

 

On estime que, depuis 1945, le trafic aérien mondial double tous les quinze ans. Selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le trafic aérien passager représentait 3,3 milliards de personnes en 2014 et devrait atteindre les 6 milliards d’ici 2030. Mais malgré ses cent ans d’existence, le transport aérien demeure un mode de transport marginal par rapport au train, qui véhicule, lui, chaque année 7,8 milliards de personnes, rien qu’en Europe. Rappelons qu’un Français sur deux n’a encore jamais pris l’avion et que seulement 20% effectuent au moins un voyage par an. A titre de comparaison, l’avion en est aujourd’hui, en termes de croissance et de taux de pénétration, au même stade que le train en 1860…

 

 

Comment un volcan a fait tousser l’économie mondiale…

 

 

Le 20 mars 2010, l’Eyjafjallajökull entrait en éruption et bloquait le ciel européen.

Selon les économistes, l’éruption de l’Eyjafjallajökull, un volcan du sud de l’Islande, en mars 2010, a freiné la reprise économique mondiale consécutive à la crise financière de 2008. En effet, cet épisode a entraîné l’annulation de plus de 100.000 vols, bloquant 8 millions de passagers. Outre l’impact direct pour le secteur aérien, estimé à 2,2 milliards de dollars juste pour la première semaine, le nuage de cendres a amputé de 5 milliards de dollars le PIB mondial, dont 1,7 milliard pour le secteur du tourisme.

 

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