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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Le transport aérien français tire la sonnette d’alarme

22 Mars 2017, 14:47pm

Publié par Les Echos – 21/03/2017

Le transport aérien français tire la sonnette d’alarme

En dix ans la part du pavillon français dans le trafic aérien a chuté de plus de 10 points. Les acteurs du secteur dénoncent le poids des taxes et réclament plus de régulation de la concurrence.

 

 

Le transport aérien français va mal. Tous les acteurs du secteur le disent depuis des années et s'accordent même sur les remèdes à y apporter. Pourtant, il ne se passe pas grand-chose, alors que la part du pavillon français dans le trafic aérien en France est passée de 54,3 %, en 2003, à 42,9 % en 2016. Tel est le constat « un peu désespérant » dressé par les participants d'un débat organisé mardi par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (Ajpae), consacré à l'avenir du transport aérien français.

 

350 millions d'euros de taxes en moins aux Pays-Bas

Réunis à la même table, le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, et son principal concurrent français, le patron d'Air Caraïbes et de French Blue, Marc Rochet, ainsi que le président du syndicat de pilotes SNPL, Eric Derivry, et un administrateur-salarié d'Air France, Pascal Mathieu, sont tous tombés d'accord pour souligner la responsabilité des pouvoirs publics dans cette situation. Le transport aérien en France souffre avant tout d'un niveau de taxes et de redevances trop élevé comparé aux concurrents. « Air France a payé pour 1,7 milliard de taxes et de redevances en 2015. Si nous étions aux Pays-Bas, on paierait 350 millions d'euros de moins », a souligné Jean-Marc Janaillac.

 

L'Etat a fait un geste

Si l'Etat a fait un geste, en renonçant à 60 millions d'euros de taxes sur les passagers en transit en 2016, il faudrait supprimer pour « plusieurs centaines de millions d'euros de taxes pour nous remettre au niveau des autres », ajoute Marc Rochet. La plus décriée est la taxe de solidarité. « C'est une taxe politique ; il faut soit l'abroger, soit l'appliquer à tous », estime Marc Rochet. Le groupe ADP en a également pris pour son grade. « Comment expliquer la hausse des redevances d'ADP quand on demande, dans le même temps, des efforts aux salariés ? », s'étonne Eric Derivry. Le président du SNPL, comme celui d'Air Caraïbes, souhaite une révision du mode de calcul des redevances, qui inclurait les recettes commerciales d'ADP, afin de réduire la facture pour les compagnies.

 

Appel à la protection de l'Europe

S'ils se méfient de l'Etat-stratège et de l'Etat-actionnaire, les professionnels du secteur attendent, en revanche, beaucoup de l'Europe, notamment pour les protéger de la concurrence, déloyale selon eux, des compagnies du Golfe, alors que des négociations se sont ouvertes avec les Emirats et le Qatar pour réviser les traités aériens. Pour Jean-Marc Janaillac, l'Europe doit lier l'attribution des droits de trafic au respect des règles de l'Organisation mondiale du commerce, même si ces règles ne s'appliquent pas à l'aérien. « Si rien n'est fait, l'Europe risque de ne plus avoir de liaison directe avec le Sud-Est asiatique », prévient-il.

 

Simplifier le mille-feuille réglementaire

Même appel à davantage de ­contrôle de l'Etat et de la Commission concernant les pratiques sociales de certaines low cost européennes. Avec toutefois un double bémol de la part des patrons d'Air France-KLM et d'Air Caraïbes : « Ces problèmes ne doivent pas être des justifications pour ne pas bouger en interne », a insisté Jean-Marc Janaillac. « Lutter contre la dérégulation sauvage du travail passe aussi par une remise en cause de nos comportements, estime pour sa part Marc Rochet. La réglementation française est un mille-feuille inapplicable. Un travail de simplification s'impose. Sans quoi nous aurons beau lutter contre le travail illégal, nous disparaîtrons quand même. »

 

 

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