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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

CDG Express : 2030, le moment de vérité pour la future ligne

29 Mars 2017, 04:40am

Publié par Les Echos – 24/03/2017

 

Le futur contrat de concession prévoira dans le pire des cas une reprise par l’Etat si un déficit excessif est constaté à cette échéance.

Comme toute infrastructure de transport, le projet CDG Express comporte un risque : celui que la future ligne ferroviaire directe entre Paris et son principal aéroport ne trouve pas son public, et échoue à atteindre la rentabilité.

La réponse à apporter à cette éventualité a pimenté la négociation des grandes lignes du futur contrat de concession, sur lesquelles sont finalement tombés d'accord il y a dix jours l'Etat, d'une part, et le groupe Aéroports de Paris (ADP), SNCF Réseau et la Caisse des Dépôts, d'autre part, actionnaires à parts égales au sein du futur gestionnaire de l'infrastructure (GI).

« Les discussions n'ont pas été faciles, mais elles ont été saines », rapporte Edward Arkwright, directeur général exécutif, qui pilote le dossier pour le groupe ADP. Il a, par exemple, fallu se mettre d'accord sur les hypothèses de croissance du trafic passagers de l'aéroport d'ici à vingt ou trente ans, un déterminant direct du nombre de clients du CDG Express, sur lequel l'Etat se montrait plus optimiste.

6 millions de passagers par an

Le plat de résistance (dans tous les sens du terme) a été la définition dans les grandes lignes de la répartition du risque financier (c'est-à-dire les déficits d'exploitation) dans le cas de figure où la fréquentation serait insuffisante. Ce qui n'est pas à exclure : à 24 euros le billet, il sera meilleur marché pour une famille de 3 personnes de prendre un taxi ou un VTC. Pour conquérir sa clientèle, le CDG Express devra miser sur la qualité de service, et sa rapidité (20 minutes de temps de trajet).

Si les derniers détails restent à caler, un principe est acquis : distinguer la phase de montée en puissance, entre 2024 et 2030, et la phase de croisière, après cette date. « Durant la première période, le risque trafic sera majoritairement supporté par l'Etat, indique Edward Arkwright. Au-delà, le risque sera assumé par le gestionnaire d'infrastructures. » re aussi

Le CDG Express voit le bout du tunnel

Les dernières prévisions de trafic tablent sur 6 millions de passagers par an environ au démarrage, et une croissance régulière par la suite. A partir de ces hypothèses, une série de scénarios, plus ou moins optimistes, sont envisagés. Avec un « point de rendez-vous » majeur en 2030, explique Edward Arkwright. A cette échéance, tous les cas de figure ont été prévus, y compris le pire, pourtant très improbable : « Si la situation du trafic est trop dégradée, l'Etat reprendra la main », indique le responsable. Le contrat de concession serait alors annulé, et le CDG Express (et ses déficits d'exploitation) tomberait dans le giron de la puissance publique.

A l'inverse, si les chiffres de fréquentation sont excellents, une clause prévoira un partage de ces bénéfices avec l'Etat. « Cela évitera que l'on nous accuse de dégager du surprofit avec une infrastructure qui est avant tout d'intérêt général », pointe Augustin de Romanet, le PDG de Groupe ADP.

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