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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Devant l'opposition des salariés, Air France-KLM renonce à filialiser sa maintenance

13 Décembre 2016, 10:19am

Publié par Les echos

 

Le directeur général d’Air France, Franck Terner, a annoncé l’abandon de toute réflexion concernant une possible filialisation de l’activité maintenance.

Moins de deux mois après avoir annoncé le lancement d'une « réflexion » sur l'éventuelle filialisation de son activité maintenance, dans le cadre du projet « Trust together », Air France-KLM a finalement décidé d'y renoncer. Dans un courrier adressé aux responsables syndicaux, le directeur général d'Air France et ancien patron de la maintenance, Franck Terner, annonce le retrait du projet de filialisation, afin de « lever les incompréhensions et les craintes extrêmes qui s'expriment »« En accord avec Jean-Marc Janaillac, l'étude d'une éventuelle filialisation ne sera pas lancée », écrit le patron d'Air France.

Une affaire mal engagée

L'affaire semblait, il est vrai, très mal engagée. Depuis l'annonce de projet, tous les syndicats d'Air France avaient clairement pris position contre le principe même d'une filialisation de cette branche d'activité, la seule du groupe Air France qui allie à la fois une bonne rentabilité et une forte croissance. Et ce, malgré les précautions oratoires de la direction, affirmant qu'aucune décision n'avait été prise, qu'en tout état de cause, Air France-KLM resterait actionnaire à 100% d'une éventuelle filiale de maintenance et que les conditions de travail et les avantages des salariés de la maintenance ne seraient pas remis en cause.

Front commun Air France-KLM

Fait peu habituel, le principal syndicat des mécaniciens d'Air France, l'Unsa-SNMAC avait même publié un communiqué commun avec son homologue néerlandais des mécaniciens NVLT, laissant augurer d'un possible front commun des salariés d'Air France et de KLM. Et la mobilisation des salariés ne faisait que grossir. En fin de semaine dernière, des manifestations de salariés d'Air France avaient même perturbé le trafic à Orly et à Roissy-CDG. Au final, la question menaçait de réduire à néant tous les efforts de Jean-Marc Janaillac pour restaurer la confiance au sein de la compagnie.

La question du financement des investissements

L'annonce de ce retrait devrait donc faire l'unanimité en interne. En revanche, elle ne règle pas le sujet du financement de la croissance de l'activité maintenance, comme le souligne d'ailleurs Franck Terner dans sa lettre aux élus du personnel. « Deux questions demeurent, écrit-il : Comment pouvons-nous continuer à dégager des ressources pour faire croître cette activité ? Comment continuer à améliorer l'organisation pour être plus efficace et réactif entre Air France et KLM ? En effet, les besoins d'investissements en augmentation dans les années à venir et la profitabilité du métier sous pression nous obligent à trouver les moyens de mieux financer notre métier E&M et d'améliorer notre efficacité : le statu quo n'est pas une option [...] Nous prendrons l'initiative de convier les représentants du personnel à cette réflexion dès le début de l'année prochaine ».

200 millions d'euros par an à trouver

Le dossier de maintenance n'est donc pas clos, comme le souligne un communiqué, Air France-KLM diffusé ce lundi matin. « L'ambition d'Air France- KLM pour ses activités de maintenance demeure. L'objectif de développement et de valorisation de ce métier reste inchangé, et fera l'objet de réflexions initiées dès le début de l'année prochaine », annonce Air France-KLM. De source interne, les besoins en financement pour permettre à la division maintenance de poursuivre les investissements et maintenir sa position de numéro deux mondial du secteur, seraient de l'ordre de 200 millions d'euros par an. Des besoins qu'une éventuelle filialisation aurait permis de satisfaire, sans dégrader le bilan du groupe ni accroître son endettement déjà trop élevé, en permettant de mieux valoriser l'activité de maintenance. Selon certaines estimations, AFI KLM E&M pourrait en effet être valorisée « entre 3 et 4 milliards d'euros » dans le bilan du groupe, alors que la capitalisation boursière de celui-ci est de moins de 2 milliards.

Premier accroc au plan « Trust together »

Par ailleurs, l'abandon du projet de filialisation, avant même de connaître le résultat de l'étude lancée en interne, constitue une première reculade pour Jean-Marc Janaillac et son plan « Trust Together ». De quoi apaiser le dialogue social et favoriser le retour de la confiance cher au PDG d'Air France-KLM, mais aussi de quoi encourager les opposants aux autres projets-phare du plan, comme la création d'une nouvelle compagnie à coûts réduits, qui fait déjà l'unanimité contre elle chez les syndicats d'hôtesses et de stewards.

 

 

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