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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Harcèlement au travail : du cauchemar au suicide

3 Novembre 2015, 23:27pm

Publié par La CGT d’ADP

Harcèlement au travail : du cauchemar au suicide

Idées noires, épuisement, libido en berne…

La particularité des signes cliniques du harcèlement au travail est qu’ils n’arrivent que très tard car la victime est avant tout dans une phase de déni. « Ces personnes ne voient pas l’intensité et la gravité de leur état de fatigue. Elles pensent qu’avec une journée ou deux de repos, elles seront aptes à reprendre le travail », explique le docteur Brigitte Font le Bret, psychiatre et experte près la Cour d’appel de Grenoble.

En réalité, cela s’avère insuffisant car il ne s’agit pas simplement d’un épuisement physique, mais carrément d’un profond sentiment de vide. « Ces personnes me disent qu’elles n’ont plus de bras, plus de jambes. Du jour au lendemain, elles se rendent compte qu’elles ne peuvent plus remonter la pente.

Cet état est inquiétant sur le plan de la santé, notamment lorsque ces personnes prennent la route », poursuit-elle. Harcèlement au travail et dépression Avec le harcèlement au travail, l’épuisement est tel que l’individu risque fort de sombrer dans un état dépressif. « Les gens ont l’impression de devenir de vraies ‘loques’ », illustre le Dr Font le Bret. Pas envie de se lever, de se maquiller, et surtout, une réelle perte d’estime de soi, de confiance. Un sentiment de ne pas être capable. Dans cet état dépressif, le risque est aussi de trouver un refuge dans l’alcool pour passer ce mauvais cap. Envies suicidaires

Cette perte d’estime de soi peut carrément mener certains à éprouver des idéations suicidaires. Le suicide leur semble être la seule porte de sortie face à un travail qui leur paraît insurmontable. « C’est alors le rôle fondamental du médecin qui ne doit pas avoir peur d’interroger son patient sur ce point», poursuit la psychiatre qui ajoute : « parfois, il n’en faut pas beaucoup pour passer à l’acte, comme cela s’est produit chez France Télécom ».

Cauchemars professionnels Le harcèlement au travail constitue une forme de traumatisme qui peut se manifester la nuit. Peur de s’endormir, cauchemars professionnels violents, « tout cela démontre que quelque chose ne va pas au travail », souligne le Dr Font le Bret. Phobies d’évitement Les personnes victimes de harcèlement au travail sont parfois incapables de passer par la route de leur travail, de crainte de voir le lieu de leur entreprise. C’est ce que la psychiatre nomme des « phobies d’évitement ». Repli sur soi Le harcèlement au travail conduit le travailleur à un état de stress post-traumatique, comme s’il avait été victime d’un accident. Il revoit par exemple sans cesse une scène au travail, le moment où il s’est fait humilier devant le client par son boss… « Cela mène à un repli sur soi », explique l’experte. Baisse de la libido La baisse de la libido est également un signe classique du harcèlement au travail, et de manière générale de la souffrance au travail. Avec la fatigue, le désir a du mal à jaillir, ce qui peut aussi conduire à une détérioration de l’ambiance dans le foyer, et avoir des conséquences directes sur le couple http://www.ra-sante.com/harcelement-au-travail-du-cauchemar-au-suicide-439867.html

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