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Le blog  de la CGT d'Aéroports de Paris

Les syndicats et la résistance en 1945

9 Mai 2015, 09:52am

Publié par La CGT d’ADP

Les syndicats et la résistance en 1945Les syndicats et la résistance en 1945

C’est le 15 mars 1944, il y a soixante ans, qu’était publié le programme d’action du Conseil national de la Résistance. Quel rôle le syndicalisme a-t-il pris dans la Résistance ?

Créé le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance comptait dans ses rangs des syndicalistes de la CGT et de la CFTC.

Il publia, le 15 mars 1944, il y a tout juste soixante ans, le « programme d’action de la Résistance », comportant à la fois un « plan d’action immédiate » et un ensemble de « mesures à appliquer dès la libération du territoire ».

Ce programme du CNR contenait un volet politique et aussi un volet économique et social, qui fut repris et appliqué à la Libération.

Un colloque organisé à l’Assemblée nationale en décembre 2002 par la Fondation de la Résistance (président : Jean Mattéoli) et son association fille Mémoires et Espoirs de la Résistance eut pour thème l’héritage social de la Résistance.

On trouvera ci-après, sous forme de notes et repères synthétiques, les éléments de l’intervention de M. Bernard Vivier à ce colloque, sur le thème « le rôle du syndicalisme dans la Résistance et le rôle de la Résistance dans la construction du syndicalisme ».

Le 11 septembre 1944, Louis Saillant devient le président du Conseil National de la Résistance.

Le 11 septembre 1944, Louis Saillant devient le président du Conseil National de la Résistance.

1- Dans la tourmente des événements

1.1. La situation du syndicalisme en 1939-1940 est marquée :

par le contrecoup du Front populaire et les difficultés économiques : baisse des effectifs adhérents, baisse de la mobilisation ;

par l’activisme communiste au sein de la CGT, réunifiée en 1936 (activisme coordonné par l’URSS) ;

par la perte de confiance de notre pays en lui-même, par une situation politique floue, par la montée du danger extérieur (nazisme, fascisme).

1.2. Conséquence : une entrée progressive en Résistance due :

aux hésitations des dirigeants syndicaux confrontés à l’effondrement des institutions (pleins pouvoirs votés à Pétain (84 ans) le 10 juillet 1940 par 569 députés et sénateurs sur 666, 80 contre et 17 abstentions) ;

aux mots d’ordre du Parti communiste lié par le pacte Hitler - Staline du 23 août 1939 (jusqu’au 22 juin 1941, soit environ 40 % du temps total de la guerre) ;

au courant pacifiste de la CGT et au choix de certains syndicalistes de soutenir Vichy. Exemple : René BELIN, numéro 2 de la CGT, devient le 2 juillet 1940, ministre du travail de PETAIN. Charte du travail : 4 octobre 1941 ;

aux difficultés de s’organiser : 9 novembre 1940 : dissolution CGT, CFTC et CGPF 15 novembre 1940 : manifeste CGT + CFTC décembre 1940 : comité d’études économiques et syndicales CGT + CFTC

2- Un rôle important dans la Résistance

Sur le terrain : participation aux actions de résistance (cheminots...), informations transmises à Londres par les réseaux (exemple : « Libération-Nord »), refus du STO, organisation de maquis, aide aux Juifs...

Dans les instances de la Résistance
Conseil national de la Résistance (27 mai 1943) où siègent les représentants de partis politiques et mouvements, dont Louis SAILLANT (CGT) et Gaston TESSIER (CFTC).

Fraternité d’armes
Décision de réunifier, à la Libération, la CGT (accord du Perreux le 17 avril 1943).

Combats communs CGT et CFTC, dans les maquis. L’esprit de résistance « La rose et le réséda » (poème de Louis ARAGON).

3- Conséquences sur le syndicalisme à la Libération

Prestige du syndicalisme, structuré et attractif. Phénomène massif d’adhésions. 5 millions de syndiqués : du jamais vu

Présence dans les instances de reconstruction du pays Assemblée consultative provisoire.

Influence sur les réalisations sociales de la Libération, sur la base du programme du CNR (15 mars 1944) : loi sur les comités d’entreprises (22/02/1945), généralisation de la Sécurité sociale (octobre 1945 à élections avril 1947), nationalisations, participation...

Fraternité entre militants CGT et CFTC, qui se considèrent mieux, créent des œuvres communes (ex : Tourisme et Travail). Offre de fusion CGT - CFTC (19 septembre 1944), refusée par la CFTC (pour garantir la liberté et le pluralisme).

Reconnaissance du pays. Ordonnance d’Alger (27 juillet 1944) sur le rétablissement de la liberté syndicale. Critères de la représentativité syndicale (28 mai 1945), parmi lesquels « attitude patriotique sous l’Occupation ».

Point noir : la reprise du noyautage communiste qui débouchera sur la scission CGT en 1947 et sur la création de la CGT - FO en avril 1948.

Conclusion :

Des réalisations toujours présentes : représentativité, Sécurité sociale, comités d’entreprise, participation.

Les leçons de la Résistance pour les syndicalistes d’aujourd’hui : engagement (jusqu’au sacrifice s’il le faut), exigences de la cohésion sociale et de la liberté politique et syndicale, indépendance à l’égard de l’Etat et des partis, souci permanent du service à qui est dans la difficulté, sens du bien commun.

Les syndicats et la résistance en 1945

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